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estudos:kolakowski:filosofia-da-religiao:start

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 Ce livre traite de ce qu’on appelle ordinairement philosophie de la religion. Je ne suis jamais bien sûr de savoir ce qu’est la religion — sans parler de la philosophie –, mais quelle qu’en soit la nature, la religion comprend l’histoire des dieux, des hommes et de l’univers. C’est pourquoi le titre Religion (dans l’édition originale) ne saurait, vu ses prétentions totalisantes, rivaliser qu’avec des ouvrages comme On What There h de Quine W. V. QUINE, « On What There Is », in Review of Metaphysics, 1948. Elude reprise dans From a Logical Point of View, Harvard University Press, 1953 (note du traducteur). ou L’Être et le Néant de Sartre (le titre probablement le plus englobant qu’on ail jamais inventé). Ce livre traite de ce qu’on appelle ordinairement philosophie de la religion. Je ne suis jamais bien sûr de savoir ce qu’est la religion — sans parler de la philosophie –, mais quelle qu’en soit la nature, la religion comprend l’histoire des dieux, des hommes et de l’univers. C’est pourquoi le titre Religion (dans l’édition originale) ne saurait, vu ses prétentions totalisantes, rivaliser qu’avec des ouvrages comme On What There h de Quine W. V. QUINE, « On What There Is », in Review of Metaphysics, 1948. Elude reprise dans From a Logical Point of View, Harvard University Press, 1953 (note du traducteur). ou L’Être et le Néant de Sartre (le titre probablement le plus englobant qu’on ail jamais inventé).
  
-Reste que je ne puis éviter le terme de « religion ». Mircea Eliade, à qui ma compréhension des problèmes que pose l’étude comparative des religions doit beaucoup, regrette qu’il n’y en ait pas de meilleur pour recouvrir ce qu’il appelle « pourtant aucun néologisme ne paraît devoir être ici de quelque utilité. Dans l’investigation des affaires humaines, [[philokalia:philokalia-termos:nous:start|nous]] ne disposons d’aucun concept qui puisse se définir avec une précision parfaite, et à cet égard « religion » n’est pas pire que « art », « société », « culture », « histoire », « politique », « science », « langage » et tant d’autres mots. Toute définition de la religion est, jusqu’à un certain point, vouée à l’arbitraire, et nous aurons beau essayer scrupuleusement de la rendre conforme à l’usage effectif du mot dans le langage courant, bien des gens auront le sentiment que notre définition est trop large ou trop étroite, ou les deux à la fois. Nous avons pris conscience de l’existence, en des civilisations diverses, d’un nombre incalculable de mythes, de rituels, de croyances et d’actes magiques : lesquels d’entre eux méritent d’être appelés « religieux », voilà qui n’est pas immédiatement clair.+Reste que je ne puis éviter le terme de « religion ». Mircea Eliade, à qui ma compréhension des problèmes que pose l’étude comparative des religions doit beaucoup, regrette qu’il n’y en ait pas de meilleur pour recouvrir ce qu’il appelle « pourtant aucun néologisme ne paraît devoir être ici de quelque utilité. Dans l’investigation des affaires humaines, nous ne disposons d’aucun concept qui puisse se définir avec une précision parfaite, et à cet égard « religion » n’est pas pire que « art », « société », « culture », « histoire », « politique », « science », « langage » et tant d’autres mots. Toute définition de la religion est, jusqu’à un certain point, vouée à l’arbitraire, et nous aurons beau essayer scrupuleusement de la rendre conforme à l’usage effectif du mot dans le langage courant, bien des gens auront le sentiment que notre définition est trop large ou trop étroite, ou les deux à la fois. Nous avons pris conscience de l’existence, en des civilisations diverses, d’un nombre incalculable de mythes, de rituels, de croyances et d’actes magiques : lesquels d’entre eux méritent d’être appelés « religieux », voilà qui n’est pas immédiatement clair.
  
 Certes, les anthropologues, quand ils étudient les mythologies, parviennent souvent à se passer de la distinction entre récits religieux et non religieux. L’absence de frontières conceptuelles bien marquées provient moins de nos insuffisances logiques que de la nature de la réalité soumise à examen. C’est dans une large mesure notre intérêt qui détermine, parmi les diverses formes de comportement, de croyance et de sentiment, ce que nous considérons comme essentiel au phénomène de la religion tel que nous le connaissons par l’expérience et par les livres. Ce qui compte, c’est de maintenir une distinction entre la façon dont nous délimitons, plus ou moins arbitrairement, notre champ d’enquête, et nos énoncés explicatifs au sujet de la fonction de la vie religieuse, inévitablement discutables. Si, comme Rudolf Otto et Mircea Eliade, nous tenons que l’expérience du sacré entre à un titre spécifique et véritablement constitutif dans l’analyse du phénomène religieux, nous rencontrons le problème posé par le fait que le mot « sacré » est souvent employé avec sérieux et détermination par des gens qui par ailleurs se considèrent comme non religieux. Ainsi le champ peut sembler plus vaste que le langage courant ne l’autoriserait. Certes, les anthropologues, quand ils étudient les mythologies, parviennent souvent à se passer de la distinction entre récits religieux et non religieux. L’absence de frontières conceptuelles bien marquées provient moins de nos insuffisances logiques que de la nature de la réalité soumise à examen. C’est dans une large mesure notre intérêt qui détermine, parmi les diverses formes de comportement, de croyance et de sentiment, ce que nous considérons comme essentiel au phénomène de la religion tel que nous le connaissons par l’expérience et par les livres. Ce qui compte, c’est de maintenir une distinction entre la façon dont nous délimitons, plus ou moins arbitrairement, notre champ d’enquête, et nos énoncés explicatifs au sujet de la fonction de la vie religieuse, inévitablement discutables. Si, comme Rudolf Otto et Mircea Eliade, nous tenons que l’expérience du sacré entre à un titre spécifique et véritablement constitutif dans l’analyse du phénomène religieux, nous rencontrons le problème posé par le fait que le mot « sacré » est souvent employé avec sérieux et détermination par des gens qui par ailleurs se considèrent comme non religieux. Ainsi le champ peut sembler plus vaste que le langage courant ne l’autoriserait.
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